DU CONTINU : DU SON AU SENS.
QUEL(s) OBJET(s) ?
Journée d'étude dans le cadre des Journées Scientifiques de l'Association pour la Recherche Cognitive (ARCo)
le 20 Juin 2003, Université Paris X- Nanterre
L'ENJEU
L'enjeu de cette rencontre est de comparer les approches du problème à partir des matériaux fournis par les différents champs des sciences du langage. Les disciplines, interrogées sous cette bannière, inscrivent la continuité au centre de leurs préoccupations. C'est l'indice que la question du continu ne relève pas d'un domaine de recherche bien particulier. De la phonétique à la sémantique via la sémiotique, du son au texte en passant par la phrase, l'empan est fort large. Mais de quel continu s'agit-il ? S'agit-il d'un même objet ? Couvre-t-il les mêmes problématiques? A quoi s'oppose-t-il ? Est-il de nature mentale, cognitive textuelle ou interprétative ? Y a-t-il un rapport entre l'apparition du continu et la montée en puissance des problématiques dites cognitives ? Ou ne s'agit-il que d'une simple coïncidence, un simple cas de polysémie ?
En attendant qu'il puisse être procédé à une confrontation disciplinaire et interdisciplinaire beaucoup plus large et exhaustive, cette confrontation, limitée à quelques disciplines, voudrait contribuer à raviver l'investigation sur le continu avec la conviction qu'il recèle quelque chose d'essentiel concernant les sciences du langage. Cette journée entend offrir un instantané de réflexions sur les relations, en ce tournant de siècle, entre langage et continu. Ainsi unifiées par le point de vue épistémologique que les auteurs ont accepté d'adopter, les contributions envisagent divers aspects de ces relations.
Driss Ablali, après un survol épistémologique du concept de continu, enraciné chez Guillaume, essaye de répondre à la question du recours ou non à l'analyse du continu pour l'étude du texte, en choisissant deux disciplines contemporaines : la sémiotique greimassienne et la sémantique interprétative de F. Rastier. L'objectif est de montrer pourquoi la sémiotique maintient un espace originel non linguistique dans l'explication du texte, au moment où la sémantique interprétative rejette dans l'étude des textes toute tentative d'expliquer le "connaissable par l'inconnu" .
Pierre Cadiot et Yves-Marie Visetti proposent dans un premier temps un panorama philosophique de la problématique continuiste ; puis, ils adoptent un point de vue phénoménologique et l'illustrent en présentant un modèle qui a celui-ci comme fondement : la théorie des formes sémantiques.
De son côté, Jean-Jacques Franckel rapporte la question de la continuité / discontinuité entre les valeurs d'une unité lexicale à celle de son identité, et s'appuie sur un modèle de l'identité lexicale en termes de forme schématique ; il entend ainsi montrer comment celle-ci se déploie sur plusieurs plans susceptibles de déboucher sur des valeurs tantôt discontinues, tantôt continues.
Wolfgang Wildgen s'intéresse, quant à lui, à la question de l'origine du langage et de la transition entre la cognition animale et la cognition humaine dans la perspective topologico-dynamique de René Thom ; il procède pour cela à l'analyse critique des différents modèles qu'elle a récemment inspirés.
En s'appuyant sur deux unités lexicales, jouer et sec, Bernard Victorri soumet au lecteur un modèle qui représente le sens à l'aide d'espaces sémantiques continus, mais qui utilise des outils discrets, tels que la théorie des graphes, pour construire ces espaces sémantiques. Il présente dans cette optique un logiciel qui permet d'en automatiser la construction.
Enfin, le phonologue Bernard Laks se propose de montrer comment la question continuiste s'est trouvée engagée dans les débats qui ont questionné la frontière entre la phonétique et la phonologie, la première relevant a priori du continu et la seconde ressortissant du discontinu. Il étaye son propos en abordant le débat récent en théorie de l'optimalité sur les fondements phonétiques d'une phonologie des contraintes.
PROGRAMME
9h - 9h30. Mathieu Valette. Présentation générale
9h30 - 10h15. Driss Ablali. Le continu et la question du texte
10h15 - 11h15. Pierre Cadiot & Yves-Marie Visetti. Le continu et le sens
11h20 -11h40. Pause café
11h45 12h30. Jean-Jacques Franckel. Continuité et polysémie
11h20 -11h40. Pause déjeuner
14h30 - 15h15. Wolfgang Wildgen. Le problème du continu/ discontinu dans la sémiophysique de René Thom et l'évolution des langues
15h15 - 16h. Bernard Victorri. Continu et discret en sémantique lexicale
16h15 -16h30. Pause café
16h30 - 17h15. Bernard Laks. Continu et discontinu en phonologie
17h15 - 18h. Discussion générale
COORDINATION
Driss Ablali et Mathieu Valette
UMR MODYCO, 7114, Paris-X-CNRS
Contacts : ablali@u-paris10.fr & mathieu.valette@free.fr
ACCÈS
ENTRÉE LIBRE
le vendredi 20 Juin 2003, 9h-18h, Salle 111
Université
Paris X- Nanterre,
200 av. de la république
92001 Nanterre
RER
A, Nanterre Université (Dir. St-Germain en Laye)